Annonce printanière 2020

Bonjour,

Comme tout le monde depuis plus d'un mois maintenant je suis confinée chez moi et cela n'a fait qu'accélérer l'émergence de projets. Certes, j'ai dû abandonner ceux initialement prévus, comme par exemple celui de me rendre en avion jusqu'à prudhoe bay sur l'océan glacial Arctique tout au nord de l'Alaska et de descendre ensuite à vélo par les Rocheuses puis par la côte ouest jusqu'à San Diego au sud des États-Unis.

Dès le 15 mars, voyant dans quelle situation nous allions être pour les semaines qui suivraient, j'avais changé mon fusil d'épaule. Je me suis dit qu'il serait peut-être plus judicieux cette année de rester en France. Effectivement, l'avenir ne m'a pas donné tort puisqu' il se pourrait que les frontières soient fermées tout l'été.

C'est donc l'occasion rêvée pour réaliser ce qui me tient à cœur depuis plusieurs années : sillonner à pied et en profondeur les massifs montagneux français que je ne connais que trop peu. Partir à pied de chez moi et tracer mon chemin en suivant si possible les pointillés (je ne referai pas les chemins noirs de Sylvain Tesson), voire rien, couper à travers comme j'aime le dire (et le faire). M'éloigner autant que possible des sentiers de grande randonnée qui seront peut-être bondés. Tenter au mieux de me noyer dans la nature profonde, de passer inaperçue, et d'aller causer du pays avec les gens qui peuplent ces régions que j'aimerais merveilleuses, qui y travaillent et qui les aiment, en tâchant de ne pas me faire happer par les lieux trop touristiques.

Les massifs où je compte passer quelques temps sont entre autres l'extrême sud du Jura, les Bauges, les Aravis, Belledonne, la Chartreuse, les Grandes Rousses, le Taillefer, le Vercors, le Dévoluy, le Diois, Bochaine, les Baronnies et plus au sud encore si j'en ai le temps, le Luberon, les Maures, les calanques. Je ne connais pas non plus le Massif Central, qui est vaste, ce sont donc des milliers de kilomètres qui peuvent se profiler devant mes chaussures. Pyrénées et Corse me sont également totalement inconnues. Je suis en train de définir un itinéraire grossier, qui sera inévitablement amené à évoluer en cours de route, en fonction de mes envies, des opportunités, de ma forme et ma motivation, de la météo aussi.

Côté modalités je l'ai déjà dit, je compte partir depuis chez moi à pied avec mon sac sur le dos. Mon mode d'hébergement sera le plus simple possible, c'est-à-dire la tente, le bivouac sauvage, les abris sommaires,  les granges en ruine et occasionnellement un hébergement si le besoin s'en fait sentir, si possible au contact des habitants. Je me laverai à l'eau des rivières et des ruisseaux, cuisinerai à celle des sources, me baignerai dans les lacs quand ce sera possible et m'approvisionnerai dans les magasins et épiceries que je trouverai sur mon chemin. Tout ça, c est ce que je souhaitetais vivre... Bref, cette année je ne serai pas cyclonaute mais vagabonde.

Mes affaires sont déjà quasiment toutes prêtes, mon sac à dos n'est pas bouclé mais pas loin. Dès que ce confinement sera terminé et que je pourrai donc compléter ma préparation je le ferai et partirai très rapidement ensuite, ce qui signifie avant fin mai je l'espère.

La durée de ce projet n'est pas vraiment déterminée à l'heure qu'il est mais j'aimerais pouvoir partir jusqu'à mi-novembre si la météo veut bien être clémente jusque-là et descendre au fur à mesure de plus en plus vers le sud.

Le but, s'il en est un, de cette excursion, ne sera pas de cumuler des kilomètres au compteur mais de prendre le temps, de prendre des photos, et de goûter vraiment aux joies de vivre dans la nature, loin des voitures, du bruit, de l'effervescence humaine. Traverser et sillonner toutes ces régions pour tenter d'en comprendre les différences et les subtilités, les nuances. 

Ce post est le premier que je fais totalement avec seulement mon téléphone. En effet par souci d'allègement, je ne prendrai pas d'autres outils informatiques sauf un appareil photo. Et une liseuse... Je me suis donc habituée à procéder par reconnaissance vocale pour la prise de notes et l'écriture des articles, également à naviguer à l'aide des applications qui sont très bien faites comme Iphigénie par exemple pour la France, transférer les photos depuis mon appareil jusque sur des clés USB et mon téléphone sans multiplier le matériel, bref à utiliser la technologie qui est aujourd'hui accessible pour ménager mon dos, mes pieds et mes genoux.

Voilà je crois que les grandes lignes sont dites, et maintenant il ne reste plus qu'à attendre d'avoir purgé la fin de notre peine pour pouvoir remettre le nez dehors et partir.